La crise ivoirienne : sa résolution, ses acteurs
La Côte d’Ivoire vit, depuis le 19 septembre 2002, une grave crise sans précédent, suite à coup d’État avorté. Une rébellion armée s’installe et divise le pays en deux. Plusieurs accords, pour ramener définitivement la paix et la stabilité sociopolitique, sont signéssous les auspices de la communauté internationale. À souligner, pour rappel : Lomé, Linas Marcoussis, Accra, Pretoria.Le dernier en date, connu sous le sigle APO (Accord Politique de Ouagadougou), ayant été paraphé le 4 mars 2007, en terre Burkinabé, terroir dit des ‘‘hommes intègres’’. Simple hasard ou prémonition d’historien averti de la scène politique ? Toujours est-il que,Laurent GBAGBO, chef de l’Etat ivoirien,qui se targue d’être la pierre angulaire et principal instigateur de cette eurythmie politique s’est voulu rassurant. L’APO, semble-t-il, a pour obligation majeure de consolider et de renforcer le tissu social ivoirien par la paix, au travers du ‘‘dialogue direct’’ entre les belligérants. C’est aussi le vœu cher caressé par le peuple d’Éburnie que la situation morose, qui n’a que tant duré, éreinte et exaspère. Vœu pieu ou aura-t-il enfin l’occasion d’avoir droit à des élections justes et crédibles, gages d’une meilleure cohésion sociale ? Les principales parties prenantes pourront-elles, pour une fois, honorer leur engagement et les signatures apposées ? C’est le moins que l’opinion nationale et internationale puissent leur demander.
Laurent GBAGBO dans la crise ivoirienne : un acteur au jeu trouble !
Les sages dévoilent que la force d’un homme réside dans sa capacité à respecter sa parole donnée. La clameur stridente et autres sources inaudibles émises le plus souvent pour tenter de supplanter l’intelligentsia humaine ne sont que l’apanage d’individus à court de réflexion constructive. Le jeu on ne peut plus trouble de Monsieur Gbagbo, depuis le déclenchement de la crise, ne le classe-t-il pas dans cette catégorie de personne ? Tout laisse peut être à croire. Au plan politique, à titre d’illustration, on note des volte-face aussi spectaculaires qu’inattendus, de multiples et perpétuelles remises en causes de décisions ou résolutions de l’ONU. Au plan social, combien sont-ils à n’avoir pas souffert le martyre sous le règne de Monsieur le Président-pâtissier ? Enseignants, étudiants, médecins, greffiers et autres acteurs sociaux sont passés sous la trappe maligne de l’homme providentiel (sic).
« Fais confiance en quelqu’un et tu sauras s’il en est digne» dit un proverbe indien. Qu’en est-il du cas de Monsieur Gbagbo, à la lumière des assertions précédentes ? En réalité, de nombreux questionnements taraudent l’esprit du plus petit des observateurs de la crise ivoirienne et le convainc que le salut du pays ne se trouve pas forcement du côté du locataire actuel du Palais présidentiel.
Monsieur le Président, à quand les élections ?
La majorité des analystes (nationaux ou internationaux) de la crise ivoirienne s’accordent à dire que Laurent GBAGBO ne daignera aller aux élections que s’il en a la certitude de l’emporter. Avec quelques réserves, nous nous alignons sur ce postulat. GBAGBO sait en effet, qu’il est en perte de vitesse. Ses conseillers les plus objectifs et courageux le lui ont fait savoir. Il le sait. Aussi, tente-t-il de tout mettre en œuvre pour retarder la tenue d’élections libres et transparentes. Ses stratégies émaillées d’artifices aussi saugrenues que fallacieuses sont désormais connues de tous. Se réclamer « enfant des élections » dans la journée et faire le contraire la nuit une « combinaison qui ne marche pas » comme pour paraphraser un humoriste béninois. Depuis son hold-up électoral, d’octobre 2000, dont le corolaire est misère généralisée désolation au sein de la population, Monsieur GBAGBO et sa Minorité Présidentielle ont compris qu’ils n’ont plus pignon sur rue. Un rappel historique montre que, même en 2000, après son élection dans des conditions, qu’il n’a pas manqué lui-même de juger de calamiteuse, le FPI n’a pas obtenu la majorité des sièges au parlement ainsi qu’aux municipales. On se souvient que des régions présentées, semble-t-il, comme faisant partie de son bastion, ont basculé du côté du RDR (Gagnoa et Daloa), pour ne citer que ces deux cas. Que se serait-il pas passé si tous les poids lourds de la politique y avaient pris part à cette époque ? N’est-ce pas cette possibilité que redoutent les pontes de la Re (con-fondation), depuis lors ?
Le socialisme, une nébuleuse sous le règne du FPI
L’analyse situationnelle prouve que l’idéologie socialiste prônée par le FPI en Côte d’Ivoire, n’a été qu’un leurre, une vue d’esprit. Même ses amis socialistes français, en l’occurrence François Hollande, ex-Premier Secrétaire du Parti, n’ont pas manqué l’occasion de dire de GBAGBO qu’il était infréquentable. L’idéologie, telle que conçue et pensée par les Léon BLUM, Jean-JAURÈS et consort, n’a jamais été aussi dans un état de déliquescence avancée sous les tropiques. Peut-être que le climat y a été pour quelque chose. Loin de nous toute prétention à vouloir dresser ici et maintenant le bilan exhaustifs des affres des frontistes ; d’autres tribunes y seront consacrées. De nombreuses études s’accordent de nos jours à montrer que deux sujets font consensus en matière de développement. Il s’agit de la santé et de l’éducation. En effet, toutes les études nous montrent (comme le démontre Esther Duflo dans son dernier ouvrage « Le développement humain : lutter contre la pauvreté ») que ces deux questions sont à la fois comme valeur et facteur de croissance. Santé et éducation sont donc des capacités essentielles au développement de la vie humaine, sans lesquelles les notions de liberté et de bien-être n’ont pas de sens. Ainsi, ces deux notions sont considérées comme étant des piliers essentiels de toute politique sérieuse de développement.
Attardons-nous un tout petit peu sur la question de l’éducation,considérée comme l’un des piliers pour une nation qui aspire au développement durable.
Disons tout net, sans se voiler la face, qu’elle ne constitue plus une priorité. Et pourtant, aussi paradoxale soit-il, la crème de lare (con-fondation) est composée d’enseignants. La triste réalité est qu’ils semblent tous indifférents. Même les syndicats d’étudiants qui, jadis, ne laissaient aucun répit aux gouvernements précédents observent une léthargie coupable.
Les maux qui minent le navire ivoire sont légions. GBAGBO n’a que cure. Ne soutient-t-il pas d’ailleurs que :« 1000 morts à gauche, 1000 morts à droite, j’avance » ?Drôle de manière de concevoir la démocratie. Mais si M. Gbagbo continue de marcher sur les corps inertes des Ivoiriens, qui gouvernera-t-il demain ? Si tel est la conception du socialisme version FPI, il est alors grand temps d’avoir recours à une vision nouvelle. Cette nouvelle vision repose sur un modèle économique visant à réduire l’impact négatif des injustices et inégalités. Cette nouvelle vision trouve son fondement économique dans le libéralisme Social qui est aujourd’hui le seul modèle utilisé par beaucoup de pays comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les USA, etc. pour sortir de la crise économique et financière que traverse le monde actuellement.
Par son inaction, M. Gbagbo et ses sbires ont conduitle pays dans un abime. Cette situation a conduit le pays dans une situation d’appauvrissement très avancée. Non content de la paupérisation de la population, M. Laurent Gbagbo a plongé le pays dans une nouvelle crise dont lui seul détient le secret. En Effet, en procédant à la dissolution de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et du gouvernement, le 12 février dernier, le natif de Mama espérait voir l’opposition s’engouffrer dans la logique de la formation d’un autre gouvernement en attendantqu’il décide patiemment de la mise en place d’une nouvelle CEI à ses ordres.Dans cette logique, et pour qui connait l’homme, il est évident qu’il aurait pris son temps, usant de ruses et de malices.Pourtant, les ivoiriens, dans la grande majorité, nesont pas dupes.Ils sont fatigués de le voir vilipender et de déshonorer l’image de la Côte d’Ivoire, au travers des médias d’État à sa solde, au point de voir la RTI se transformer en RTG (Radio Télévision Gbagbo).
La dissolution de la CEI : un ballon d’essai, et pourtant
Par la dissolution unilatérale de la CEI, M. Gbagbo espérait glaner un peu de temps pour occuper, comme à son habitude, l’espace politique. Les élections pouvaient ainsi être relayées aux calendes grecques. Voici les objectifs visés à travers ce énième coup d’état constitutionnel : d’abord être sûr de fêter le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire, ensuite s’arroger le titre du Président qui auraitpassé le plus de temps à la tête de la magistrature suprême du pays après Félix Houphouët Boigny (quinze ou vingt ans s’il est réélu ou non). Et, enfin, avoir toute la latitude, d’organiser convenablement tous les partis satellites du FPI. Il aurait l’opportunité de transformer la minorité en majorité présidentielle. La réaction de l’opposition l’a contraint à revoir sa copie, pour ne pas dire ce plan machiavélique. Face à cette stratégie hautement planifiée, le RHDP et le PIT n’ont pas voulu se laisser conter. En dépit de la culture de paix et de solidarité, cette coalition a appelé ses militants à tout mettre en œuvre pour barrer la route à cette imposture.
Mettre fin à la dictature pour ne pas laisser prospérer la « rupublique »
Dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire et des ivoiriens il fallait réagir. Raison pour laquelle, la grandeur d’esprit du directoire du RHDP et la position de ses différents leaders, compris celle du PIT sont à saluer. L’union fait la force ! GBAGBO et une armé ‘’rupublicaine’’ ont capitulé. La détermination d’un peuple fatigué a eu gain de cause face à la barbarie de tueurs sans scrupule. Il fallait par tous les moyens préserver l’unité nationale et éviter de mettre la Côte d’Ivoire dans une posture difficile. C’est dans ce contexte que l’opposition a toujours refusé de répondre à l’incitation à la violence prôné par les journaux proches du camp présidentiel. À preuve, on pouvait lire, aux lendemains de la double dissolution du gouvernement et de la CEI : « Or donc il n’y personne en face, il n’y a pas d’opposition en Côte d’Ivoire, etc. » provocation et foutaise !
En tout état de cause, l’appropriation de cette culture de paix de la part du RHDP et du PIT met en facteur deux manières de gérer un État : d’un côté la bonne gouvernance en dépit de quelques soubresauts, et de l’autre, des pseudos socialistes qui n’ont apporté que tristesse et pauvreté. Excusez du peu !
S’il y a une seule chose que les Ivoiriens auront, pour l’heure, compris, c’est que la critique est aisée mais l’art est difficile. Une chose est certaine, M. Gbagbo a surement beaucoup de qualités mais certainement pas la qualité d’homme d’Etat. En effet,il a démontré qu’il est incapable de gérer les hommes qui plus est un pays comme la Côte d’Ivoire.C’est d’autant plus difficile pour des artistes qui n’avaient aucune corde à leur arc à leur arrivée afin de nous accorder sur des notes positives ! Pendant ce temps, le peuple attend ! Aujourd’hui, l’organisation d’élection libre et transparente en Côte d’Ivoire est de plus en plus urgente, au point que, l’ex-Président ghanéen, de passage en Côte d’Ivoire a lancé cet avertissement : people will not wait in vain an election ! They will soon or later take their responsability ! Traduction : À force de s’impatienter, le peuple finit par perdre patience et prendre ses responsabilités. Un homme averti en vaut deux.
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