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POURQUOI PAS MABRI ?

Par Noël KOUASSI
Sympathisant
1- Des acquis indéniables
2- Les raisons de la haine
3- Devoir de solidarité



A l’approche des élections les plus attendues de l’ histoire de la Côte d’Ivoire et pendant que les formations politiques  échaffaudent  diverses stratégies de campagnes pour ratisser  large, l’Union pour la Démocratie et la Paix (UDPCI) peine à retrouver ses marques , confrontée qu’elle est à resoudre une équation à trois inconnues. Comment  et pourquoi  le parti de feu le Général  Guéi  doit survivre à son géniteur ? Pourquoi l’UDPCI dérange tant ? Quand est-ce que les alliés de l’UDPCI comprendront-ils l’obligation de solidarité qui leur incombe ici et maintenant.

1- DES ACQUIS INDENIABLES
La naissance d’une formation politique obéit toujours à une volonté de partage et de solidarité inspirée par une vision précise et nourrie par la foi en un changement possible. L’UDPCI n’échappe pas à cette généralité. En effet en voulant unir les Ivoiriens autour des idéaux de Démocratie et de Paix, les pères fondateurs de l’UDPCI avaient à cœur d’enrichir le débat politique par des propositions novatrices et constructives. Pour avoir été trop longtemps témoins et victimes des déclarations à l’emporte-pièce, des dérapages verbaux incontrôlés, des calomnies grotesques, les pères fondateurs ont fort opportunément fait la promotion du « Bon Ton ». Plus qu’un slogan de campagne, ou un simple effet de  mode ou style, c’était toute une philosophie. Oui, le «  Bon Ton » était la norme de la mesure, de la tempérance et de la modération. Cette approche systémique, constitue en soi l’épine dorsale du centrisme. Le langage empreint de courtoisie et de respect, nourri au lait de la vérité et provenant d’un cœur ouvert au dialogue représente la base doctrinale de l’UDPCI telle que conçue par le Général Guéi. Qui ne se souvient-il pas qu’ au nom de la paix et de la démocratie, les députés se réclamant de l’UDPCI ont accordé leur suffrage au groupe parlementaire FPI pendants les heures de braise ?

Combien sommes-nous aujourd’hui à comprendre l’enseignement politique qui sous-tendait une telle démarche ? Loin d’être le signe d’un quelconque reniement de soi, cette main tendue historique du Général est une leçon que les politiciens doivent méditer. C’est un acte de tolérance et de dépassement de soi. C’est à n’en point douter, une marque de grandeur. Cette valeur si rare sous les tropiques ! Pour avoir su concilier l’éthique et politique dans la jungle actuelle de la politique ivoirienne, la mémoire du Président Guéi doit démeurer présente, sauvegardée et à l’abri de toute falsification. Les œuvres qu’il a laissées à la postérité devraient par conséquent bénéficier d’une attention particulière pour résister à l’oubli et à l’ingratitude des humains. Or que constate -t-on ? Sa dépouille mortelle fait l’objet de tractation et de transactions inédites. Sa famille politique, en permanence dans l’œil du cyclone, est la proie de choix des plus grands diviseurs communs qu’il continue de hanter, même mort. Et pour cause …

2- LES RAISONS DE LA HAINE

Même si les partis politiques de l’opposition significative connaissent de tant à autres des crises internes, force est de reconnaître que le cas de l’UDPCI présente des spécifités susceptibles d’en faire un cas d’école.  En effet, à peine le Général Président  fut-il tué dans des conditions non encore élucidées, avec une atrocité inouie, que ses bourreaux  se ruèrent sur son parti politique pour se repaître de ses restes. Faisant  feu de tous bois, sans foi ni loi, à coup de billets de banques, au prix de mille et une forfaitures, ils vont procéder à une vivisection de l’UDPCI, pour en extraire la substantifique moëlle afin de la reduire au menu fretin. Rien n’y fit ! Le saucissonnement de l’UDPCI n’a pas abouti à sa disparition tant souhaitée. L’on a plutôt assisté à une germination hétéroclite de petites associations suscitées spontanément pour amuser la galérie et pour donner l’illusion que le parti de GUEI ne peut pas survivre à son géniteur. Des cadres du parti et non des moindres, n’ayant  pas pu resister aux champs des sirènes ont simplement  renié leur propre héritage politique. Malgré ces reniements de soi et autres volte-faces spectaculaires, l’UDPCI est demeuré  digne, solide, debout, tel un roc. Et c’est justement ce qui dérange tant.

C’est cette résistance à toute épreuve, la ténacité, la persévérance et la constance qui caractérisent si bien les nombreux militants qui ont juré devant les hommes et devant Dieu avec Mabri à leur tête : « Je ne trahirai jamais la mémoire du Général Guéi ». Cet engagement fort symbolise une profession de foi que partagent les adeptes du « Bon Ton », tous ceux qui savent que la vie humaine est sacrée et qui savent que c’est ce qui sort de la bouche des hommes qui les rend impurs. Or comme on le sait, depuis que l’élimination physique de l’allié d’hier transformé en adversaire puis en ennemi, a fait irruption dans le paysage politique ivoirien, le Bon Ton a « foutu » le camp et avec lui le respect de la vie humaine. C’est pourquoi tous ceux qui ont l’audace d’espérer un répentir sincère sont dans le collimateur des pirates de la Démocratie et de la Paix. Tous ceux et toutes celles qui sont susceptibles de revendiquer que justice soit rendue seront combattus, et abattus… comme si en cassant le thermomètre on arriverait à faire baisser le mercure. C’est pourquoi il ne faut plus s’étonner que l’UDPCI originelle dérange tant. Dans la perspective des redoutables échéances électorales imminentes, de nombreuses voix attendent de s’exprimer pour mettre un bémol au parricide et à l’homicide, comme modus operandi dans le jeu ploitique. Contrairement à ce qu’une analyse superficielle pourrait laisser croire, les militants de l’UDPCI ne sont pas les seuls Ivoiriens prêts à sanctionner par les urnes les méfaits de l’imposture. Cependant, qu’on le veuille ou non, cette jeune formation politique aura son mot à dire car elle représente une alternative palliative très déterminée. Démocrates et  Républicains sont dès lors interpelés face au devoir de solidarité et d’efficacité sans lequel  tout combat politique est d’emblée  voué à l’échec.

3- DEVOIR DE SOLIDARITE
Pour que la notion tant prisée de solidarité soit porteuse de signification, les Partis politiques membres du RHDP sont astreints à une obligation morale de solidarité vis-à-vis de l’ UDPCI qui fait figure de benjamine. Loin d’une quelconque ingérence dans les affaires internes  de ce parti, des actions de soutien et d’assistance seraient les bienvenues. Ne rien dire et ne rien faire pour sauvegarder et consolider les acquis et atouts indéniables de leur allié naturel, serait un acte de complicité au regard de notre histoire politique nationale. C’est le lieu d’en appeler à une veille stratégique multiforme et plurisectorielle pour contrer les ménées subversives savamment orquestrées par le Plus Grand Diviseur Commun. Il ne s’agit pas, bien entendu, de poser des actions d’éclat à grands renforts de  publicité. Ici il est plutôt question de s’organiser pour élaborer  ensemble des tactiques pour minimiser l’impact nocif de la transhumance politique rocambolesque qui peu ou prou profite toujours au parti au pouvoir… si et seulement si l’opposition significative veut vraiment être aux commandes demain ou après demain. C’est maintenant qu’il faut refléchir sur le programme de gouvernement collectif. C’est aujourd’hui qu’il faut  commencer à asseoir une stratégie de campagne unifiée pour qu’en étant fort individuellement, l’on soit plus fort uni et solidaire. L’urgence et la nécessité d’une cohésion d’actions ne doivent aucunément être mises  en veilleuse sous le prétexte égocentrique de l’autonomie respective et solitaire.

Quoiqu’il advienne, le leader de l’UDPCI aura son mot à dire et saura bien le dire. A la recherche de l’homme providentiel qui viendra soigner les maux dont souffre la Côte d’Ivoire d’aucuns s’interrogent : «  Pourquoi pas le Docteur Mabri ? ».

Pourquoi pas Mabri dont la foi et la démarche politique déroutent adversaires et fascinent alliés ? « Car l’homme n’est pleinement humain que lorsqu’il prend connaissance de sa dimension transcendante, c’est-à-dire lorsqu’il ne se considère plus comme province d’une nature créée par Dieu, et tenant son sens et son unité de cette création… L’homme est alors, de tous les êtres de la nature, le seul qui ait le privilège de la liberté, et de la responsabilité de ne pas simplement obéir à la loi divine par nécessité, mais par choix ». Cette réflexion tirée de «  le testament philosophique » de Roger Garaudy doit suffire pour fédérer les énergies créatrices pour que  jamais, plus jamais, un leader polique ne périsse, par la faute d’un autre leader politique et pour que les testaments politiques ne soient plus ménacés de la destruction du feu et du sang.
De toute évidence, les élections qui s’annoncent auront le mérite de procéder à une récomposition profonde de  la configuration  du paysage politique pour la simple raison que les Ivoiriens ont besoin de sang nouveau pour une approche nouvelle du développement humain. C’est un impératif de survie collective. Et ce besoin incompressible se traduira clairement par les urnes tôt ou tard. C’est donc maintenant qu’il faut capitaliser les acquis pour reduire la marge d’ échec. Il s’agit d’éviter de jeter le bébé et l’eau du bain. La question du devenir de notre nation malade exige de tous et de  chacun un devoir minimal de solidarité à travers la pédagogie par l’exemple…


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