Il a tout perdu; il ne lui reste plus rien; son peuple de qui il se réclame l'a lâché; sa crédibilité est fortement entachée; tout présage que plus jamais, il ne pourra imposer une quelconque légitimité à son pays. Lui, Laurent KOUDOU GBAGBO, le chantre de la liberté et de la démocratie, le fils du pays, l'enfant des élections, le père de la démocratie...
Lui, le ''Woody de Mama'', adversaire reconnu et téméraire du Président HOUPHOUET BOIGNY; relégué au niveau d'un vulgaire usurpateur de pouvoir; d'un dictateur tropical qui essaie plus mal que bien d'imposer un pouvoir vomi par la grande majorité des ivoiriens. Désespéré, il s'appuie sur des mercenaires; une pratique digne d'une certaine époque; et dire que nous sommes encore en pleine célébration du cinquantenaire de notre accession à la souveraineté nationale.
La Côte d'Ivoire vit des jours sombres. Le spectre de la guerre plane de nouveau. Plusieurs morts à signaler déjà ici et là.
Toutes les appréhensions et inquiétudes se révèlent justes. Les élections présidentielles, présentées comme la panacée pour sortir le pays de la crise virent au pire. Et tout ça par la faute d'un individu, LAURENT GBAGBO.
Le chef de l'État sorti par les urnes digère mal sa défaite. Trompé par les sondages, fragilisé par l'incompétence de ses collaborateurs GBAGBO panique et navigue à vue, gagné qu'il est par le syndrome qu'il a plus de trois décennies durant, décriée chez le père de la nation: L'IVRESSE DU POUVOIR.
Les choses se déroulent comme si GBAGBO était animé d'un esprit de vengeance à l'encontre du peuple ivoirien qui vient sans équivoque de lui retirer sa confiance. Les discours malsains de ses partisans, les actes de terrorisme des milices et mercenaires, la confiscation des droits primaires des citoyens dénotent de la haine de GBAGBO qui accuse en son fort intérieur le peuple de l'avoir trahit. Et pourtant, Il doit s'en prendre à lui même.
Après dix ans à la tête d'un pays comme la Côte d'Ivoire, GBAGBO a été incapable d'attirer la sympathie de ses paires africains et dans les institutions internationales. Ses insuffisances ont déteint sur l'ensemble de la diplomatie ivoirienne. Ses représentants dans les instances sous régionales et régionales ont exposé leurs inexpériences. Plutôt préoccupés par un militantisme zélateur et nuisible. Ils passeront le clair de leur temps à se jouer les griots d'un nationalisme exacerbé.
Puis la campagne présidentielle; elle offrait à GBAGBO l'opportunité de soigner sa communication et de renouer le pacte avec le peuple de Côte d'Ivoire. Sans doute par mépris pour les ivoiriens, GBAGBO et son clan ont fait le choix de l'agressivité et de la diabolisation des autres. L'axe de communication se fondait sur le déni de leur responsabilité dans la déliquescence de la Côte d'Ivoire. Ils se sont accrochés à une stratégie de tension, de violence verbale et physique, de la victimisation. Les slogans de campagne, les affiches, les spots, les discours des meetings...
Pourtant, le peuple en a assez de cette crise.
L'écrasante majorité des ivoiriens ne veut plus de cette guerre. Ce qui explique sans doute le taux de participation record aux différents scrutins. Le peuple croyait vraiment en la promesse d'une sortie de crise par l'élection incontestable d'un Président; N'DRE YAO PAUL en a décidé autrement. Sur instruction de GBAGBO. Transformer le perdant en vainqueur au risque d'embraser le pays. Il fallait le faire. Et seul le fils du pays a réussi cette pirouette.
Vous avez dit braquage politique.
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