La Côte d’ivoire traverse des moments difficiles. A la différence de la crise militaro-politique de 2002 dont il était aisé de percevoir les tenants et les aboutissants, celle que nous subissons en ce moment semble des plus absurdes. Des élections organisées avec beaucoup d’attention, dont chaque étape a fait l’objet d’une évaluation ont aboutit à la victoire du Dr Alassane Dramane OUATTARA et du RHDP. Contre toute entente, GBAGBO Laurent, le Président sortant décide de ‘’brigander’’ tout le système. Plongeant ainsi le pays cher à Houphouet Boigny dans l’incertitude totale. Les jours passent et se ressemblent. GBAGBO Laurent se cramponnent. Le Président Alassane OUATTARA et le RHDP se trouvent quelque peu surpris par la témérité suicidaire du Président sortant. Pour eux, un homme d’Etat, sérieux, soucieux de l’avenir et du devenir de son pays et de son peuple ne saurait compromettre aussi dangereusement la stabilité sociopolitique et l’union des habitants.
Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence. Pour GBAGBO, le pouvoir d’Etat s’apparente à la lutte et au combat. N’a-t-il pas dit qu’en pays bété, peuple dont il est originaire, le statut d’Homme ne s’obtient qu’à l’issue de combat, au sens strict du terme. Il ne cache plus sa volonté d’en découdre avec tous ceux qui oseraient s’opposer à son plan maléfique de confiscation du pouvoir d’Etat. Il se dit prêt à tout même au pire. Il s’active sur tous les terrains. Militaire notamment avec le recrutement tout azimuts de jeunes, non sans oublier le matraquage médiatique de la RTI.
GBAGBO fait feu de tout bois. Désespérément. Malgré les appels à la raison à lui lancé par le monde entier, GBAGBO dit niet.
Le combat se poursuit donc. GBAGBO espère avoir ses adversaires à l’usure. Et pourtant les jours qui passent le rapprochent de la porte de sortie et pour cause, le 28 novembre 2010 lorsque nous nous déportions massivement aux urnes pour choisir notre président, la Côte d’ivoire avait un seul président : GBAGBO Laurent. Il affichait fièrement son statut et narguait les autres en se présentant comme 100% candidat et 100% Président. Il avait la main mise totale sur l’armée (Forces Nouvelles et Forces de Défense et de Sécurité), l’administration, l’économie et la diplomatie. GBAGBO partait à la compétition avec quatre points contre zéro pour le RHDP.
Trois mois après, il a perdu des points et non des moindres. Les Forces Nouvelles se sont retirées du pacte les liant à GBAGBO. Du coup, « le woody de mama » ne gère plus qu’une partie des forces militaires. Au plan diplomatique, Il ne nomme plus les ambassadeurs. Il ne se passe plus de jours sans que ses représentants ne soient expulsés de divers pays. Ses ministres sont humiliés dans les aéroports du monde entier. L’Union Economique et Monétaire ouest Africain ne reconnait plus sa signature sur les comptes bancaires de la Côte d’Ivoire. A court d’argent, GBAGBO n’a de recours qu’au braquage des agences de la BCEAO en Côte d’Ivoire. Au niveau de l’administration, elle ne fonctionne que partiellement. La plupart des fonctionnaires obéissent aux mots d’ordre du Golf Hôtel. Il ne lui reste plus qu’une partie de l’armée dont il se sert pour terroriser les opérateurs économiques.
Trois mois après les élections, le score du match politique est passé de 4 à 0 à 0,5 à 3,5.
A l’évidence GBAGBO perd du terrain. Il n’a plus le gouvernail du bateau ivoire. Il est aux abois. La méthode RHDP expose toute son efficacité. Comme cela a été le cas pendant tout le processus électoral. Il faut cependant tenir encore un peu. Le temps est l’autre nom de Dieu. Il ne joue pas en faveur de GBAGBO et de son équipe, comme tente de le faire accepter la RTI et les parutions pro LMP.
Le Président Bédié l’a si bien dit. GBAGBO est fini. Dieu l’a laché. Juste une question de temps. |